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La vie

Leur Beauregard

Ils vivent ou passent dans le quartier et le racontent.

Peggy Saint-Criq "Je travaille à Beauregard depuis 2006"

Elle a ouvert son premier institut à 27 ans à Rennes, dans le quartier de Beauregard, sur la place Aulnette. Spécialisé dans les soins de beauté et la réflexologie plantaire, son salon a fait partie des tous premiers commerces à ouvrir dans ses bâtiments, logés entre le parc de Beauregard et les administrations qui bordent l’avenue de Cucillé.

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Son arrivée ? Une opportunité

« A l’époque, je vivais dans le quartier de Beauregard. J’étais arrivée là plutôt par hasard après mes études. Dans les premiers appartements au-dessus du parc. Il n’y avait pas encore de place commerciale. En allant faire mes courses, j’ai vu que les locaux étaient à louer. Je me suis lancée. Nous avons tous eu nos locaux en septembre 2006. J’ai attendu 6 mois que les travaux de la place soient terminés avant d’ouvrir en février 2007. »

Sa vie d’habitante dans le quartier ? 

« Quand je suis arrivée dans le quartier de Beauregard, il n’y avait pas encore de commerces. C’était moins dynamique. Je ne connais pas la dynamique interne d’un quartier mais il me semble que l’ouverture des commerces a amené de la vie dans le quartier. Avant, j’allais faire mes courses dans la grande surface à côté de la Rocade. J’ai aussi fait de la danse  »

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Ouvrir un commerce ? Un risque modéré

« Même si le quartier se construisait encore, et plutôt au delà du parc, la proximité des administrations (Préfecture, Département, NDLR) et des écoles supérieures était rassurante. Cela ramène du monde et de la clientèle. Dans une cité dortoir tu travailles surtout le samedi. Ici, nous travaillons aussi dans la semaine et sur l’heure de midi. L’hôpital de Pontchaillou est aussi un gros employeur et nous amène du monde. »

Son départ ? Une envie de nature

« Le quartier est très jeune. C’est plutôt agréable. Mais j’ai eu envie de quitter Beauregard. Le manque de stationnement quand les amis viennent un samedi soir était récurrent et la densification du quartier me plaisait moins. Mais je suis surtout partie parce que je voulais être au cœur de la nature. Maintenant, j’habite auprès du canal Ille-et-Rance. J’ai gardé mon salon ici et le plus souvent, j’y viens à vélo. »

Son présent ? A Beauregard encore

« Je passe au moins 55 heures par semaine dans le quartier. A vivre le quartier est agréable. Les mamans font quelques courses après avoir déposé les enfants à l’école. On se croirait parfois dans un petit village. J’y ai gardé mes habitudes : mon médecin et je fais du yoga dans l’école Sonia Delaunay avec l’association Vivre à Beauregard. Je fais mes courses ici. La plupart du temps, je prends un maximum de choses sur le marché le mardi soir. Les légumes, la viande et le pain par exemple. J’ai installé des sacoches sur mon vélo pour les transporter ! »

L’avenir pour elle et Beauregard ?

« Ce que j’aimerais voir ici ? Une bibliothèque à proximité, ce serait chouette. Et puis une communication plus importante sur ce qui est organisé sur la place car, en tant que commerçant, nous aussi de bons relais. » En 2020, Peggy envisage de démarrer une formation en médecine chinoise. « La formation dure 5 ans. Je ne sais pas si je parviendrai à tenir le rythme car je n’envisage d’interrompre mon activité pendant ces études. »

Ulysse Merlin

Ulysse Merlin est arrivé en 2013 dans le quartier de Beauregard. Il avait 10 ans. Trois ans plus tard, il a proposé de construire un terrain de tennis dans son quartier. Le projet a été proposé au budget participatif de Rennes et retenu par les habitants. Le terrain sera terminé en octobre 2018. Rencontre.

Regards Laurent, 44 ans, habitant de Beauregard depuis 2013

Laurent est infirmer dans un hôpital psychiatrique à Rennes. Le 13 mai 2017, il déambulait dans le quartier de Beauregard à l’occasion d’une balade participative animée par Gilles Brohan, animateur architecture et patrimoine à Destination Rennes, antenne de l’Office de tourisme local. L’occasion pour lui de « redécouvrir » ce quartier dans lequel il est arrivé en 2013, dans un appartement situé rue Aurélie Nemours, sur la façade nord du Parc de Beauregard. « Je vivais à Servon sur Vilaine. J’ai eu l’opportunité d’acheter un appartement familial en accession aidée car j’étais primo-accédant », se souvient-il.
Ce qu’il aime : De ses premières impressions, il garde la « présence des arbres », la vie en bordure du parc « super intéressante pour les gamins » et « l’école (Sonia Delaunay, NDLR) à proximité ». Attentif à la nature, il « apprécie » aussi que certaines haies et allées arborées héritées des anciennes parcelles agricoles ont été conservées. Aujourd’hui, il voit aussi avec plaisir les « prairies libres » se maintenir et « les fruitiers » pousser dans le parc et sa partie basse située au delà de l’avenue André Mussat, face au Cadran, l’équipement de quartier, et au Frac, le fonds régional d’art contemporain.
Ses lieux favoris : Le parc « à vivre au quotidien », la présence de l’école Nelson Mandela, rue Gina Pane, le parc de la Lande du Breil « pour faire de la courses à pied ». Avec ses enfants, il se rend aussi souvent aux colonnes, L ‘alignement du XXIè siècle d’Aurélie Nemours, pour « jouer à cache-cache ». Quant au Frac qui jouxte l’installation, il ne s’y rend que « très peu ».
Ses rendez-vous réguliers : Les paniers de légumes, fruits et de pain de l’AMAP Bioregard (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) qui arrivent le mercredi soir dans les locaux du Cadran. Le mardi soir, il se rend souvent au marché sur la place Eugène Aulnette, notamment pour le pain, le fromage « et surtout le traiteur italien ».

«Je ne sais pas ce que ce quartier va devenir, mais j'ai confiance»

Ce qu’il regrette : « Je me balade souvent à vélo, je connais bien ce quartier. Les personnes qui n’y habitent pas ont souvent une image très négative de Beauregard, notamment à cause des violences qui ont été médiatisées fin 2016. » Pour lui, même si l’épisode laisse une trainée de « préjugés », il est « réglé pour l’instant ». Autre regret : l’absence du métro. « C’est une grosse erreur de n’avoir pas prévu un arrêt dans ce quartier. En même temps, comme je suis à vélo, je suis dans le centre-ville en 10 minutes ». Et de citer la ligne C4 qui fait aussi la jonction à l’arrêt Villejean-Universités.
Son choix : En 2016, la vie a pris un nouveau tournant pour lui et un déménagement s’est imposé. « J’aime ce quartier, son côté vert, ses prix immobiliers maîtrisés. J’ai fait le choix d’y rester. » Depuis, il a emménagé dans un nouvel appartement rue François Tanguy-Prigent, sur la partie sud du Parc, à quelques minutes à pied de la place Aulnette.
Sa vision du futur : « Je ne sais pas ce que ce quartier va devenir, mais j’ai confiance car son aspect nature et architecture est déjà bien poussé. Ici, on peut vivre comme dans un petit village. Ça permet de se rencontrer et, avec le temps, de construire une identité ».

Regards Monique 62 ans, habitante du quartier Saint-Martin depuis 35 ans.

Le 13 mai 2017, Monique et Gilbert, habitants du quartier Saint-Martin à Rennes, ont suivi une déambulation organisée dans le quartier de Beauregard. « Je viens très occasionnellement dans le quartier, précise Monique, quand il y a un événement organisé aux Archives départementales, au Frac ou à proximité des colonnes d’Aurélie Nemours. » Pendant près de deux heures, Gilles Brohan, animateur architecture et patrimoine à Destination Rennes, antenne de l’Office de tourisme local, leur a présenté quelques points d’intérêt du quartier : l’immeuble en terre SalvaTierra, le parc de Beauregard, la Maison du parc et les nouvelles constructions situées à proximité du boulevard de La Robiquette.

«J’avais l’idée que ces constructions étaient très tassées avec beaucoup de vis-à-vis.»

Son vision avant la balade : « Je ne connaissais que les colonnes et le Frac. J’avais aussi vu les premiers immeubles se construire (au long de l’avenue Cucillé, NDLR). J’avais l’idée que ces constructions étaient très tassées avec beaucoup de vis-à-vis. J’avais plutôt une image négative du quartier. Là, je découvre ».
Ce qu’elle a découvert : « Marcher dans ce quartier change le regard. Je ne pensais pas qu’il y avait autant d’espaces, de verdure et de pelouse. La nature est très présente et il y a beaucoup d’herbe entre les logements. Je ne l’imaginais pas. » Au gré de la balade, Monique et Gilbert ont aussi croisé les moutons qui pâturent dorénavant dans la partie basse et vierge du parc, située en contrebas du Frac et du Cadran, le verger qui vient d’y être planté avec l’aide des habitants, des parcelles de jardins partagés. « Je suis venue avec des a priori. Finalement, je me dis que c’est un quartier qui a gagne à être connu. »

Regards

Petits commerces, animations, marché du mardi soir, Fête du printemps… Au gré des événements et du quotidien qui animent la place Aulnette, située à quelques pas de l’avenue Cucillé, trois habitants de Beauregard parlent de leurs coups de cœur et de leurs attentes pour l’avenir du quartier.

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